Comment s’appellent les habitants de Villeneuve d’Ascq ?

Aujourd’hui, nous partons à la découverte d’une ville dynamique du Nord de la France, souvent surnommée la « Technopole Verte ». Avant de nous plonger dans son histoire si particulière, ne t’inquiète pas, on va répondre à ta question : les habitants de Villeneuve d’Ascq s’appellent les Villeneuvoises et Villeneuvois !

Sculpture de Richard Deacon au LaM, un lieu culturel incontournable pour les habitants de Villeneuve d'Ascq.
Sculpture de Richard Deacon – Musée LAM – Villeneuve d’Ascq
stephane333, CC BY-SA 2.0

Informations clés sur les habitants de Villeneuve d’Ascq

Pour commencer, voici un petit récapitulatif des données essentielles à connaître sur la population villeneuvoise :

DonnéeValeur
GentiléVilleneuvois, Villeneuvoises
Code postal59650 , 59493 , 59491
DépartementNord (59)
RégionHauts-de-France
Population (Insee)Environ 62 727 habitants

D’où vient le nom « Villeneuve d’Ascq » ? (Étymologie)

Le nom « Villeneuve d’Ascq » est le fruit d’une fusion et d’une volonté de modernité. La ville est née officiellement le 25 février 1970 de la fusion de trois communes distinctes : Annappes, Ascq et Flers-lez-Lille. C’est d’ailleurs de cette union qu’est tirée la devise latine « Tres in uno », littéralement « Trois en un ».

  • « Villeneuve » : ce préfixe, très courant en France, indique une « ville nouvelle », une création récente. Il reflète la volonté de construire une agglomération moderne, pensée pour l’avenir, avec des infrastructures universitaires et technologiques.
  • « d’Ascq » : ce suffixe fait référence à l’une des trois communes fondatrices, Ascq. L’étymologie d’Ascq est souvent rattachée au flamand « ask », signifiant « frêne ». C’est un exemple passionnant de la manière dont l’histoire locale façonne encore aujourd’hui le nom des habitants.

Mais ce qui rend ce nom vraiment particulier, c’est l’histoire du choix lui-même. Lors de la conférence de presse du 4 février 1970, les trois mairies annoncent que la nouvelle commune s’appellera « Villeneuve-en-Flandre ». Pourtant, deux semaines plus tard, le 20 février, les conseils municipaux changent d’avis et retiennent finalement « Villeneuve d’Ascq », en mémoire du massacre d’Ascq survenu pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce choix n’est pas anodin : il transforme le nom de la ville en un acte mémoriel permanent.

Et le gentilé alors ? Surprise : il a fallu attendre 1973 pour qu’il soit officiellement choisi. La commission des affaires sociales avait d’abord proposé « Neuvillascquois » en 1971, un nom imprononçable que les Villeneuvois ont refusé. Trois ans après la naissance de la ville, le choix s’est finalement porté sur le plus simple « Villeneuvois ». Comme quoi, même le gentilé des habitants de Villeneuve d’Ascq peut faire l’objet d’un débat municipal animé.

💡Le saviez-vous ?

Villeneuve d’Ascq est l’une des neuf villes nouvelles créées en France dans les années 1960-1970 pour désengorger les grandes agglomérations. Son nom officiel à l’INSEE comporte un trait d’union (Villeneuve-d’Ascq), mais les habitants de Villeneuve d’Ascq et la mairie elle-même l’écrivent sans trait d’union sur tous les documents officiels et les panneaux d’entrée de ville. Une petite rébellion typographique qui dure depuis 1970 !

Une ville nouvelle pensée pour l’avenir

Villeneuve d’Ascq possède une identité forte, forgée par son statut de ville nouvelle et son ancrage dans le territoire du Mélantois. À sa création en 1970, l’Établissement public d’aménagement de Lille-Est (EPALE) est chargé de penser cette ville à partir d’une page blanche. L’objectif initial : accueillir jusqu’à 120 000 habitants pour désengorger Lille.

Mais en 1978, sous l’impulsion du maire Gérard Caudron, la municipalité prend une décision stratégique capitale : limiter la population à 70 000 habitants pour préserver un équilibre entre urbanisation et nature. C’est cette décision qui a façonné le visage actuel de la ville, avec ses 1 000 hectares d’espaces verts sur 2 800 hectares au total, soit plus d’un tiers du territoire dédié aux parcs, lacs, forêts et terres agricoles.

Les habitants de Villeneuve d’Ascq vivent ainsi dans un laboratoire d’innovations urbaines : l’habitat intermédiaire, la chaîne des lacs, et le métro automatique VAL, premier du genre au monde, mis en service en 1983. La ville a même été classée parmi les cinq villes les plus sportives de France par L’Équipe en 1994, puis élue ville la plus sportive de France en 1996. Pas mal pour une cité qui n’existait pas trente ans plus tôt.

Surnommée la « Technopole Verte« , elle est aussi un pôle d’innovation, d’enseignement supérieur et de recherche, attirant une population aussi jeune que dynamique. La Cité scientifique sortie de terre en 1964, qui abrite aujourd’hui l’Université de Lille, est le cœur intellectuel de la ville et l’une des raisons d’être de sa création.

Le Massacre d’Ascq : l’événement qui a donné son nom à la ville

On ne peut pas comprendre l’identité des Villeneuvois sans connaître la nuit du 1er au 2 avril 1944, dimanche des Rameaux. Cette nuit-là, le village d’Ascq vit l’une des heures les plus sombres de son histoire.

À 22h45, un groupe de cheminots-résistants du mouvement Voix du Nord, le « groupe d’Ascq », fait sauter une charge sur la voie ferrée pour saboter un train de marchandises allemand. Mais à la place du convoi attendu, c’est un train militaire transportant des hommes de la 12e SS-Panzer-Division Hitlerjugend, en route vers la Normandie, qui passe sur les rails. Trois wagons déraillent, sans faire de victimes côté allemand.

La réaction est immédiate et disproportionnée. Les SS encerclent le village, sortent les hommes de leurs maisons et les rassemblent par pelotons le long de la voie ferrée. Pendant trois heures, les exécutions s’enchaînent. 86 civils âgés de 15 à 74 ans sont fusillés, parmi lesquels le curé et le vicaire qui avaient tenté de s’interposer. Le massacre ne s’arrête qu’à 1h15 du matin, lorsque la Feldgendarmerie, alertée par les appels téléphoniques du facteur de la gare, ordonne l’arrêt des tirs.

Au matin des Rameaux, le bilan glace : 86 morts, 11 blessés, 75 veuves et 127 orphelins dans une commune qui ne comptait que 3 500 habitants. C’est l’un des massacres les plus meurtriers commis en France avant le Débarquement.

C’est en mémoire de ce drame que les conseillers municipaux ont préféré « Villeneuve d’Ascq » à « Villeneuve-en-Flandre » lors du choix du nom en 1970. Aujourd’hui, le Mémorial Ascq 1944, inauguré en 2005 sur le lieu principal des exécutions, accueille les visiteurs et perpétue le devoir de mémoire. Chaque année depuis 1945, sans exception, le souvenir du massacre est célébré le dimanche des Rameaux. C’est l’un des piliers identitaires de la ville et explique pourquoi, encore aujourd’hui, les habitants de Villeneuve d’Ascq portent dans leur nom même le souvenir des victimes.

Le stade du LOSC : de Pierre Mauroy à la Decathlon Arena

Tu ne peux pas passer par Villeneuve d’Ascq sans apercevoir son immense vaisseau de verre : la Decathlon Arena – Stade Pierre Mauroy.

Inauguré en 2012 sous le nom de Grand Stade, il a d’abord rendu hommage au très apprécié ancien Maire de Lille et Premier Ministre Pierre Mauroy, avant de prendre son nom actuel en 2022. C’est ici que les Dogues du LOSC font vibrer leurs supporters ! D’ailleurs, avant ce bijou de technologie, le club jouait juste à côté, au Stadium Nord, ce qui renforce encore l’identité sportive de la ville.

Avec ses 50 000 places et son toit mobile, c’est aussi une scène gigantesque pour les événements de renommée mondiale. On a pu y voir défiler des stars comme Ed Sheeran ou Imagine Dragons, sans oublier les grands rendez-vous de rugby, de tennis, le Mondial de Handball, l’Euro de Basket, ou encore une partie des Jeux Olympiques de Paris 2024.

La Decathlon Arena - Stade Pierre Mauroy à Villeneuve d'Ascq, antre du LOSC.
Le stade Pierre Mauroy Decathlon Arena est l’antre du LOSC en plus d’accueillir de très nombreux évènements

Un détour par le LaM ?

Si tu préfères l’art au ballon rond, Villeneuve d’Ascq a aussi ce qu’il te faut avec le LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut). Ce musée est une petite pépite nichée dans un parc de sculptures juste à côté du Lac du Héron, où tu croiseras des œuvres monumentales de Calder, Picasso ou Richard Deacon.

À l’intérieur, c’est le seul musée en Europe à mélanger art moderne, contemporain et art brut sous le même toit. Tu y verras aussi bien des œuvres de Picasso, Modigliani, Braque, Léger ou Miró, que la plus grande collection d’art brut de France, héritée de la donation Aracine en 1999. Un lieu incontournable qui fait la fierté des habitants de Villeneuve d’Ascq et qui justifie à lui seul une visite dans la métropole lilloise.

Ces Villeneuvois célèbres qui ont marqué leur temps

La ville est jeune, mais les habitants de Villeneuve d’Ascq peuvent revendiquer plusieurs personnalités remarquables, soit nées sur le territoire, soit issues des trois villages fondateurs.

  • Hassan Zaoual (1950-2011) est un économiste villeneuvois reconnu pour avoir développé la théorie des sites, une approche du développement économique qui place la diversité culturelle au cœur des modèles économiques. Professeur à l’Université du Littoral, il a fondé le Réseau Sud-Nord Cultures et Développement et reste une référence dans la pensée économique alternative.
  • Gaston Baratte (1893-1944) est sans doute la figure la plus marquante de l’histoire d’Ascq. Industriel local, dirigeant d’un tissage et fondateur de l’US Ascq (le club de football local), il rejoint la Résistance pendant l’Occupation. Il fait partie des cheminots-résistants du « groupe d’Ascq » et participe au sabotage du 1er avril 1944. Dénoncé peu après, il est arrêté, jugé par un tribunal allemand et fusillé au fort de Seclin le 7 juin 1944. Une rue centrale d’Ascq porte aujourd’hui son nom.
  • Alassane Pléa (né en 1993) est l’enfant footballeur de la ville. Formé à l’US Ascq, le club fondé par Gaston Baratte, il a ensuite intégré le centre de formation de l’OL avant de faire carrière à Nice, au Borussia Mönchengladbach, et de porter le maillot de l’équipe de France. Un beau symbole de continuité sportive entre les générations villeneuvoises.
  • Gérard Caudron (né en 1945) est le maire emblématique de Villeneuve d’Ascq. Élu pour la première fois en 1977, alors que la ville nouvelle était encore en pleine construction, il a marqué le développement de la commune en s’opposant au gigantisme prôné par l’EPALE. C’est lui qui a obtenu en 1978 que la population soit plafonnée à 70 000 habitants pour préserver les espaces verts. Il a été plusieurs fois maire de la ville et reste une figure politique respectée du Nord.
  • Élodie Varlet (née en 1984) est l’actrice la plus connue née à Villeneuve d’Ascq. Révélée par son rôle d’Estelle Cantorel dans la série télévisée Plus belle la vie, qu’elle a tenu pendant plus de quinze ans, elle incarne la nouvelle génération de Villeneuvois célèbres.

Comment appelle-t-on les voisins des Villeneuvoises et Villeneuvois ?

Les habitants de Villeneuve d’Ascq vivent au cœur de la Métropole Européenne de Lille (MEL), entourés de plusieurs communes importantes. Si tu veux continuer ton exploration des gentilés du coin, va voir nos articles sur :

Sources et références :