Tu te demandes comment on appelle les habitants de Tourcoing ? Que tu viennes de débarquer dans le Nord ou que tu sois simplement curieux, tu es au bon endroit ! Ici, on va tout te dire sur les Tourquennois et les Tourquennoises. Prêt à devenir incollable sur cette ville emblématique de la métropole lilloise ? C’est parti !

By Derreveaux – Own work, CC BY-SA 3.0
Informations clés sur les habitants de Tourcoing
Pour commencer, voici un petit récapitulatif des données essentielles à connaître sur la population tourquennoise :
| Donnée | Valeur |
| Gentilé | Tourquennois, Tourquennoises |
| Code Postal | 59200 |
| Département | Nord (59) |
| Région | Hauts-de-France |
| Population (Insee) | Environ 99 000 habitants |
D’où vient le nom « Tourquennois » ? (Étymologie)
Si tu veux briller en société, sache que l’histoire du nom des habitants de Tourcoing est à la fois linguistique et étymologique. Elle a même donné lieu à quelques théories farfelues que les historiens ont dû recadrer avec fermeté.
Le nom de la ville est attesté très tôt dans les archives : Torcoin en 1080, Torchun en 1146, puis Torcoing en 1165. L’étymologie la plus sérieuse y voit une racine germanique : le nom d’un homme (Turco ou Torco) associé au suffixe francique -ing, qui désigne le domaine ou le lieu appartenant à quelqu’un. Tourcoing serait donc littéralement « le domaine de Turco ».
Ce qui est amusant, c’est qu’au XIXe siècle, à l’époque de la grande prospérité industrielle, une étymologie populaire complètement fantaisiste circulait dans les dictionnaires sérieux de l’époque : Tourcoing serait une déformation du nom de Tarquin le Superbe, dernier roi de Rome, qui aurait fondé la cité lors de son exil. Un siècle d’or, un peu d’ego local, et voilà comment on se dote d’une fausse légende romaine… qu’on peut maintenant raconter en apéro.
C’est cette racine Torcoin qui a donné naissance au gentilé Tourquennois, avec l’ajout du suffixe -ois typique des villes flamandes du Nord.
💡Le saviez-vous ?
On ne prononce pas le « g » final de Tourcoing. La prononciation correcte est « Tour-coin », ce qui donne naturellement le son « oi » dans Tourquennois.
Tourcoing, capitale mondiale de la laine : l’épopée textile des Tourquennois
Pour comprendre l’âme des Tourquennois, il faut comprendre leur histoire industrielle. Et cette histoire, c’est celle de la laine.
Bien avant la révolution industrielle, chaque maison de Tourcoing avait dans sa cave un métier à tisser. Les paysans tissaient et filaient la laine pour compléter leurs revenus agricoles. Mais c’est à partir des années 1820 que tout bascule : l’introduction clandestine de machines à tisser mécaniques par quelques entrepreneurs audacieux va transformer ce bourg rural en l’une des capitales mondiales du textile.
En 1865, la ville compte déjà 35 000 emplois dans le textile. En 1876, avec 43 000 habitants, on y dénombre plus de 65 filatures et 25 peigneries mécaniques. En 1891, Tourcoing importe à elle seule 72 000 balles de laine de La Plata et 152 000 d’Australie. En 1900, la ville aligne 11 fabriques de peignage, 29 filatures de laine et 15 filatures de coton. La population quintuple en moins d’un siècle : 12 000 habitants en 1825, 100 000 en 1910.
Avec Roubaix, Tourcoing forme ce qu’on appellera le « Manchester français » : premier centre français de laine peignée, représentant 31% des ventes nationales de tissus de laine en 1869, et jusqu’à près de 60% en 1910. Les grandes dynasties industrielles tourquennoises comme Tiberghien, Marescaux ou Masurel, contrôlent toute la chaîne, du peignage au négoce mondial.
En 1906, la ville organise l’Exposition Internationale des Industries Textiles, consécration d’un rayonnement planétaire. En 1960, malgré les premières crises, Tourcoing possède encore 174 peignages et filatures. Puis vient le brutal effondrement : 160 entreprises textiles disparaissent dans les décennies suivantes.
Certaines de ces usines se sont reconverties en lieux culturels ou en locaux d’enseignement, comme l’ancienne filature Van den Berghe-Marescaux de la rue Sainte-Barbe, qui abrite aujourd’hui l’IUT B. Une cheminée crénelée de brique rouge, qui ressemble à une tour de château médiéval, témoigne encore de la puissance et de l’ambition démesurée de ces industriels du XIXe siècle.
Le Broutteux : symbole de fierté locale
Le « Broutteux », c’est le surnom historique des habitants de Tourcoing, et c’est bien plus qu’un simple sobriquet. Au temps des grandes filatures, les ouvriers utilisaient des brouettes spécifiques pour transporter les balles de laine entre les ateliers de peignage, de filature et de tissage. Ce travailleur acharné, poussant sa cargaison dans les ruelles pavées de la cité, est devenu l’emblème de la ténacité et de la fierté ouvrière tourquennoise.
Le nom est aussi celui de Jules Watteeuw (1849-1947), écrivain, journaliste et poète patoisant tourquennois qui signait ses textes « Le Broutteux ». Vivant presque un siècle, il a traversé l’épopée textile de bout en bout et en a laissé une mémoire littéraire précieuse en langue picarde.
Aujourd’hui, un monument dédié au Broutteux trône Square Churchill, et la figure reste centrale lors des carnavals du Nord. Elle incarne cette fierté ouvrière que les habitants de Tourcoing portent comme un blason.
Les Tourquennois Célèbres qui ont marqué leur temps
Tourcoing a donné naissance à des personnalités remarquables dans des domaines très variés.
Albert Roussel (1869-1937) est sans doute le plus illustre des Tourquennois. Compositeur de renom, il naît rue de l’Hôtel de Ville dans une famille de la bourgeoisie industrielle. Orphelin à sept ans, recueilli par sa tante, il se révèle très tôt comme un musicien prodige. Mais c’est la lecture des romans de Jules Verne qui décide de son premier destin : il intègre l’École navale en 1887 et sillonne les mers pendant plusieurs années. En 1894, il démissionne de la Marine pour se consacrer entièrement à la musique. Son œuvre, entre impressionnisme et néoclassicisme, lui vaudra une reconnaissance internationale. En septembre 2023, le conservatoire de Tourcoing a officiellement renommé son auditorium « Auditorium Albert Roussel » en son honneur.
Eugène Leroy (1910-2000) est un peintre tourquennois dont l’œuvre, longtemps confidentielle, a explosé à la reconnaissance internationale sur le tard. Ses toiles aux empâtements épais, presque sculpturaux, ont fait de lui une figure majeure de la peinture contemporaine. Il a participé à la Documenta IX de Kassel en 1992 et à la Biennale de Venise en 1995. En 2009, sa famille a fait don de plus de 600 de ses œuvres au musée de Tourcoing, qui a pris son nom pour devenir le MUba Eugène Leroy.
Brigitte Fossey (née en 1946) est une actrice française née à Tourcoing, révélée enfant dans Jeux interdits de René Clément (1952), l’un des films français les plus récompensés de l’histoire.
Henri Padou (1898-1981) est champion olympique de water-polo aux Jeux olympiques d’été de 1924 à Paris. Un Tourquennois au sommet de l’olympisme.
Jules Watteeuw dit « le Broutteux » (1849-1947) : écrivain, journaliste et poète d’expression picarde, il reste la mémoire vivante de la Tourcoing ouvrière et industrielle.
René Caillé (1799-1838) : premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, cet explorateur au destin hors du commun a vécu à Tourcoing. Sa soif de découverte et son courage font partie de l’ADN de la ville, qui continue de célébrer sa mémoire à travers ses rues et ses écoles.

L’église Saint-Christophe et le beffroi de la Chambre de commerce
Le patrimoine architectural de Tourcoing raconte aussi bien son histoire religieuse que son ambition industrielle.
L’église Saint-Christophe, dont les origines remontent au Moyen Âge, a été considérablement agrandie en 1860 par l’architecte Charles Leroy. Elle est aujourd’hui l’un des plus beaux édifices néo-gothiques du Nord, avec ses hautes tours qui dominent le centre-ville.
Le beffroi de la Chambre de commerce, construit en 1906 à l’occasion de l’Exposition Internationale des Industries Textiles, est une déclaration d’orgueil commercial. En plein âge d’or du textile, les industriels tourquennois voulaient un symbole visible de leur puissance. Ils ont eu leur tour.
L’Hôtel de Ville, construit en 1885 par l’architecte Charles Maillard, est lui aussi un monument incontournable de l’identité tourquennoise. Sa façade en pierre blanche contraste avec la brique rouge omniprésente du tissu urbain. Une véritable fierté pour les habitants de Tourcoing.
Comment appelle-t-on les voisins des Tourquennoises et Tourquennois ?
Le Nord est riche en gentilés originaux. En effet, les habitants de Tourcoing sont bien entourés :
- Les Lillois (Lille)
- Les Roubaisiens (Roubaix)
- Les Villeneuvois (Villeneuve d’Ascq)
- Les Wattrelosiens (Wattrelos)
- Les Mouvallois (Mouvaux)
- Les Neuville-en-Ferrainois (Neuville-en-Ferrain)
- Les Roncquois (Roncq)
- Découvre aussi le noms de tous les habitants du nord en cliquant ici
Sources et références :
- Site officiel de Tourcoing, histoire et patrimoine
- Site officiel de Tourcoing, Albert Roussel
- Site officiel de Tourcoing, patrimoine tourquennois
- Wikipédia, histoire de Tourcoing
- Wikipédia, Tourcoing
- Wikipédia, Albert Roussel
- Archives nationales du monde du travail, patronat textile de Roubaix Tourcoing
- Gustave Dron, vie et condition ouvrières à Tourcoing
- VPAH Hauts de France, ancienne filature Marescaux
- MUba Eugène Leroy, site officiel
- INSEE, dossier complet Tourcoing